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DOSSIER MIS A JOUR LE 4 NOVEMBRE 2009

Zazen: Physiologie du Corps-Esprit

La méditation zen passée au crible de la méthode scientifique

un collectif d'articles publiés en revues scientifiques traduits et commentés par Biotechnozen




Etudier le zazen par des méthodes scientifiques ?

par Biotechnozen, le 01.11.2009

Enormément d'études ont été menées sur l'activité physiologique d'un être humain en méditation. Qu'il s'agisse de son effet sur des yogis, des moines bouddhistes tibétains ou zen, des pratiquants laïcs chevronnés ou non, il est aujourd'hui totalement admis que la méditation, sous presque toutes ses formes, a une action sur le métabolisme notamment cérébral, musculaire et cardiaque de toute personne se prêtant à cet exercice.

Les recherches menées sur le sujet sont le plus souvent agencées de la même manière. Un échantillon de moines professionnels est comparé à un échantillon de novices. Le nombre de personne dans chaque groupe est le même et le sexe ratio est généralement respecté. Sensiblement, il y a une différence entre les âges des personnes dans les groupes, les moines étant généralement plus vieux que le groupe de novice. Les conditions d'expérience sont donc plus ou moins étalonnées au même concept dans chacune des études menées sur ce sujet et il n'y a véritablement que deux aspects qui changent : l'objet du test (rythme cardiaque, résistance à la douleur, activité cérébrale, …) et le type de méditation pratiqué lors de l'expérience.

Dans ce dernier cas, il est souvent compris deux types différents de méditation : une méditation de visualisation (le pratiquant focalise son attention sur une image mentale) et une méditation dite sans objet (le pratiquant ne focalise pas son attention sur quelque chose en particulier mais reste en pleine conscience). Un troisième type s'écarte un peu de ces deux premiers, le plus souvent étudié chez les moines tibétains qui sont connus pour leurs remarquables aptitudes de visualisation, c'est la méditation zen, le zazen.

Le lecteur devra comprendre qu'il est donc très risqué de mélanger les résultats étant donné qu'ils peuvent varier considérablement suivant les échantillons, les objets de test, l'ancienneté et l'acuité intérieure des pratiquants. Les résultats obtenus d'expériences faisant intervenir des moines tibétains sont largement plus nombreux que ceux faisant intervenir des moines zen et il faudra donc faire attention à ne pas transposer sur les uns les résultats obtenus chez les autres par souci de présentation de matériel, qui plus est au caractère sensationnel.

Dans le présent dossier, nous essayerons de nous limiter à l'étude du métabolisme physiologique des pratiquants du zazen. Non que le sujet tibétain ne soit pas passionnant mais plutôt parce que nous considérons l'exercice de la méditation tibétaine comme comprenant des aspects culturels spécifiques à une tradition le plus souvent inaccessible au monde occidental. Le zazen est aujourd'hui largement enseigné et représente une voie d'essor majeure et nouvelle de notre humanité presque partout dans le monde. Au fait des études menées à son sujet et à l'avis partagé de ses pratiquants certifiés, zazen pourrait permettre à notre civilisation d'évoluer vers un futur plus harmonieux, tout en préservant la diversité de nos horizons culturels propres.

La mise à disposition d'informations obtenues par des voies et des méthodes d'ordre scientifique nous semble capital à la compréhension par tout un chacun de la nature de zazen. Il s'avérera probable, et c'est là un postulat, que ce n'est pas l'origine et les caractéristiques spécifiques du méditant qui sont déterminantes mais bel et bien l'exercice lui-même et sa répétition périodique. Etant accessible à chacun de manière relativement facile, nous tenterons de mettre en évidence, si la littérature actuelle permet de le démontrer, que le zazen peut et devrait s'intégrer à part entière dans l'hygiène de vie de tout un chacun, quelque soit sa religion, sa culture, son origine ethnique, ses ambitions et ses fantasmes et dans une certaine mesure, sa condition physique et mentale, permettant ainsi à notre humanité d'évoluer et de croître vers un idéal partagé et durable.

Pour finir, nous souhaitons mettre en évidence pour chacun que si l'homme doit au plus vite apprendre à pratiquer zazen, à tourner sa lumière vers l'intérieur comme avait dit Maître Dogen, il est certain qu'il doit, au-delà de tout, suivre l'ordre cosmique. Nous espérons pouvoir démontrer également que c'est ce que fait zazen, inconsciemment, naturellement, automatiquement, et au niveau qui s'impose.




LISTE COMPLETE DES ARTICLES








J Med Eng Technol. 2009; 33(4):314-21.

L'activité cérébrale des pratiquants expérimentés de la méditation zen mise en évidence par indice de complexité et mesures spectrales.

Huang HY, Lo PC.

Department of Electrical and Control Engineering, National Chiao Tung University, Hsinchu, Taiwan, Republic of China. hsuany.ece88g@nctu.edu.tw

Traduction du résumé (abstract) de l'article par Biotechnozen.

Les changements des caractéristiques des encéphalogrammes (EEG dynamics), durant 40 minutes de méditation, des pratiquants expérimentés de la méditation zen (23 personnes testées) ont été comparés avec ceux des contrôles négatifs (23 personnes non expérimentées en méditation zen) se reposant durant 40 minutes. L'évaluation d'un indice de complexité moyen et l'analyse spectrale ont été mesurés durant 3 intervalles : le premier moment, le moment moyen et le moment des 5 dernières minutes de méditation zen ou de repos chez le contrôle négatif. Une augmentation significative de l'activité alpha (8-10 Hz) dans le cerveau frontal et d'activité béta dans le cerveau occipital a été découverte durant la méditation une fois les résultats comparés avec les EEG de personnes au repos (contrôle négatif), qui elles ont montré une augmentation générale des ondes thêta. En méditation, l'activité cérébrale était élevée, ce qui correspond avec plus d'activité de type béta. Les sujets de contrôle n'ont pas affichés de changements significatifs du niveau d'activité cérébrale. Cette distinction est devenue plus significative encore durant les 5 dernières minutes de méditation et ce sur plusieurs électrodes. Un état méditatif plus profond a été démontré comme pouvant avoir un lien avec l'augmentation de l'activité béta qui peut être plus important à l'approche estimée de la fin de l'exercice. Nos résultats confortent l'idée que la pratique à long terme de la méditation bouddhiste zen induit des changements de l'activité corticoélectrique du cerveau.

PMID: 19384707 [PubMed - indexed for MEDLINE]

En attente du texte complet…






Int J Cardiol. 2009 Jul 23.

Dynamique du rythme cardiaque pendant différents niveaux de méditation zen

Peressutti C, Martín-González JM, M García-Manso J, Mesa D.

Departamento de Educación Física, Facultad de Ciencias de la Actividad Física y el Deporte, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria, 35017 Canary Islands, Spain.

Traduction du résumé (abstract) de l'article par Biotechnozen.

La dynamique des interactions au sein des rythmes physiologiques mis en évidence dans la signalisation du rythme cardiaque donne d'importantes indications sur l'autorégulation de ceux-ci en condition d'attention extérieure réduite. Dans la présente étude, nous avons analysé les variations du rythme cardiaque (VRC) dans différents niveaux de pratique de méditation zen (zazen). 19 sujets ayant une expérience variée ont pris part à cette étude. Dans 4 cas spéciaux, nous avons collectés les données du rythme aussi bien cardiaque que respiratoire. Les séries dans le temps ont été analysées en domaine de fréquence et aussi en utilisant le CWT (Continuous Wavelet Transform) qui détecte les changements de temps et de fréquence de manière simultanée. Les changements du rythme cardiaque en fonction de la respiration, ou sinus arrythmique respiratoire (SAR), reflètent les différents niveaux des pratiquants entre eux correspondant à leur degré d'expérience du zazen ; les modulations des SAR pourraient refléter les changements des profils de respiration comme étant une expression parasympathique liée à la qualité de l'attention et la focalisation sur celle-ci à chaque étape.

PMID: 19631997 [PubMed - as supplied by publisher]

En attente du texte complet…






Psychosom Med. 1999 Nov-Dec;61(6):812-21.

Zazen et variations du rythme cardiaque.

Lehrer P, Sasaki Y, Saito Y.

Department of Psychiatry, Robert Wood Johnson Medical School, University of Medicine and Dentistry of New Jersey, Piscataway 08854-5635, USA.

Traduction du résumé (abstract) de l'article par Biotechnozen.

OBJECTIF: Cette etude a examine les effets de la respiration abdominale (respiration tanden) sur les variations du rythme cardiaque de pratiquants du zen. La respiration tanden fait intervenir une respiration lente au niveau du bas abdomen. METHODES : 11 pratiquants du zen, six du zen Rinzai et 5 du zen Soto, ont été étudiés durant 20 minutes de respiration tanden précédées et suivies de 5 minutes d'assise tranquille. Pendant ce temps, nous avons mesuré les rythmes cardiaques et respiratoires. RESULTATS : Chez plusieurs sujets, la fréquence respiratoire est descendue à une gamme allant de 0.05 à 0.15 Hz pendant la respiration tanden. Les variations du rythme cardiaque ont augmenté de manière significative dans cette gamme de basse fréquence mais ont diminué dans une gamme de haute fréquence (0.14 - 0.4 Hz), reflétant un débalancement du SAR allant de la fréquence élevée à la fréquence basse. Les pratiquants Rinzaï ont respiré à un rythme plus lent et ont montré une plus grande amplitude de basses fréquences au niveau du rythme cardiaque qu'observé chez les pratiquants du zen Soto. Un maître Rinzaï a respiré approximativement une fois par minute et a montré une augmentation au niveau des basses fréquences (<0.05 Hz). L'amplitude totale des oscillations du rythme cardiaque (au travers du spectre des fréquences) a aussi augmenté. La majorité des pratiquants du Zen ont eu de fréquentes irrégularités du rythme cardiaque durant et après l'inspiration. CONCLUSIONS : Ces données ont leur importance dans le cadre de la théorie qui propose que l'augmentation de l'amplitude des oscillations durant une respiration lente est causée par résonance entre les variations du rythme cardiaque causé par la respiration et qu'elle est produite par des processus physiologiques sous jacents aux rythmes lents. Les irrégularités du rythme durant l'inspiration pourrait être lié à l'inhibition de la modulation vagal (parasympathique) pendant la phase d'accélération cardiaque. Il n'est pas démontré si et/ou comment cela influencerait la pathologie cardiaque.

PMID: 10593633 [PubMed - indexed for MEDLINE]

texte complet en VO ici (pdf)





J Altern Complement Med. 2009 May;15(5):585-92.

Méditation Zen: l'intégration d'une évidence courante.

Chiesa A.

Institute of Psychiatry, University of Bologna, Bologna, Italy. albertopnl@yahoo.it

Traduction du résumé (abstract) de l'article par Biotechnozen.

OBJECTIF: Mis de côté l'intérêt croissant qu'ont les pratiques méditatives, en particulier les méditations de pleine conscience, sur les champs de la neurobiologie et de la médicine clinique, aucune publication ne s'est focalisée sur les évidences liées aux résultats EEG, biologiques, de neuroimagerie et cliniques au sujet d'une importante pratique traditionnelle : la méditation Zen. METHODES : Une recherche bibliographique a été menée en utilisant MEDLINE, le ISI Web of Knowledge, la banque de données Cochrane et des références mentionnées dans des articles choisis. Des études de contrôles aléatoires et pluridisciplinaires publiées en anglais avant mai 2008 ont été incluses. RESULTATS : Les études électroencéphalographiques sur la méditation Zen ont mis en évidence une augmentation de l'activité alpha et théta, mise généralement en relation avec l'état de relaxation, dans plusieurs zones du cerveau, cortex frontal inclus. L'activité théta semblait en particulier être liée au degré d'expérience (pratiquants experts et maîtres avancés). Qui plus est, la pratique de la méditation Zen pourrait protéger du déclin cognitif généralement associé à l'âge et augmenter l'activité antioxydante. D'un point de vue clinique, la méditation zen a été mise en évidence comme un réducteur du stress et de la pression sanguine, ainsi qu'un procédé efficace dans de nombreuses conditions, comme il l'a été suggéré dans des découvertes positives chez des thérapeutes et des musiciens. CONCLUSIONS : A l'heure actuelle, les preuves des effets de la méditation Zen sont rares et mettent surtout en évidence la nécessité de faire plus de recherches sur le sujet. Une comparaison avec des traitements actifs, une explication sur les mécanismes possibles d'action et les limites des évidences courantes sont discutés dans le présent article.

PMID: 19422285 [PubMed - indexed for MEDLINE]

En attente du texte complet…